Podcast Innovation, Agilité et Excellence 2022

Épisode 151: Culture d’entreprise et capitalisme avec Stephen Blank

Sommaire de l’épisode

Nous explorons comment la culture d’entreprise est influencée par le capitalisme en compagnie du professeur Stephen Blank. De façon spécifique, c’est le contexte de Boeing qui attire notre attention avec les différents problèmes de sécurité qui ont fait les manchettes.

Un épisode qui permet de comprendre comment les changements structurels de l’industrie du transport aérien combinés à l’évolution des pratiques de gestion ont pu influencer l’organisation.

Le professeur Blank nous offre une véritable leçon en pensée stratégique.

Stephen Blank

Stephen Blank est un habitué de nos podcasts et vit et travaille à New York. Il détient un baccalauréat de l’université Dartmouth, des maîtrises des universités de Cambridge et de Harvard ainsi qu’un PhD de Harvard.

Il est Senior Fellow de l’Institut sur la science, la recherche et les politiques publiques de l’Université d’Ottawa et Senior Fellow de l’Institut Macdonald Laurier.

Vous trouverez un résumé de sa longue et passionnante carrière à l’épisode 25, le premier des 5 épisodes réalisés avec lui.

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Détails de l’épisode

(00:00) Bienvenue à l’épisode 151

(01:06) Introduction

  • Entrevue avec Stephen Blank
  • Professeur, Consultant et conférencier expert en matière de et de stratégie, de management et de commerce international.

(01:41) La culture d’entreprise

Ma première question est la suivante : qu’est-ce que la culture d’entreprise ?

  • Comment les gens se comportent, comment ils pensent, comment ils se présentent, comment ils s’habillent.
  • Les structures des entreprises ont également changé en raison de la financiarisation.
  • La déréglementation des marchés financiers dans les années 1980 est un événement majeur, car avant cela, l’argent était rare.
  • À l’époque, Jack Welsh était partisan d’une focalisation sur les résultats trimestriels, et ces résultats pouvaient être influencés par une modification de la structure organisationnelle.
  • Un autre facteur est l’accent mis par les entreprises sur leurs points forts après la Seconde Guerre mondiale, ce qui a conduit à l’externalisation.
  • L’accent mis sur les résultats trimestriels conduit à une culture soucieuse des coûts.

(06:46) La culture d’impartition

Le fait de se concentrer sur les compétences distinctives a-t-il une influence sur la culture ?

  • La culture des coûts vous amène à penser que ce que vous faites le mieux est aussi là où vous gagnez le plus d’argent. 
  • L’autre aspect est le raccourcissement des carrières au sein des entreprises : de nos jours, on progresse en passant d’une entreprise à l’autre, au lieu de progresser verticalement au sein d’une même entreprise.
  • On se concentre donc aujourd’hui davantage sur la gestion financière, où les salaires sont plus élevés.

(10:19) McDonnell Douglas prend le dessus sur la culture de Boeing

McDonnell Douglas avait une culture plus axée sur le contrôle des coûts et cet aspect a pris le dessus ?

  • Parfois, le prédateur et la proie ne sont pas ce qu’ils semblent être !
  • C’est une question de personnes : une culture plus agressive peut en effet prendre le dessus sur une culture plus passive ou bienveillante ; Boeing a peut-être eu de la chance jusqu’à présent.
  • Il existe également un conflit entre les cultures financières et les cultures plus axées sur les produits ou la qualité.
  • Les consultants en stratégie exercent également une influence importante sur la manière dont les entreprises doivent être gérées.
  • N’oublions pas que le secteur de la construction aéronautique est très gourmand en capitaux.
  • La culture résulte de changements stratégiques à plus long terme.

(16:32) L’incitation à faire ou à dépasser les chiffres

Toutes les entreprises cotées en bourse sont-elles soumises aux mêmes normes de croissance, de marges et de rentabilité ?

  • Oui et non !
  • En Allemagne, il y a beaucoup d’entreprises de taille moyenne qui peuvent échapper à ces pressions.
  • Aux États-Unis, il existe encore des entreprises familiales, mais si vous voulez devenir grand, les considérations financières domineront.

(18:40) La vulnérabilité des entreprises

Les entreprises à forte intensité capitalistique du secteur du transport aérien sont-elles vulnérables ?

  • C’est un jeu de dupes que de gagner de l’argent dans ce secteur !
  • Tant qu’il y avait une réglementation, c’était possible.
  • Mais la demande de transport aérien est forte et relativement stable, donc les gens essaient de prendre une part du gâteau.
  • Mais aucune compagnie aérienne ne dure très longtemps.
  • Et les barrières à l’entrée dans la construction d’avions sont énormes.

(22:33) Changement forcé de culture

D’autres industries subissent des changements forcés dans leur culture : l’industrie automobile, par exemple, qui est en train de passer massivement des moteurs à combustion interne aux batteries et aux moteurs électriques.  Comment réussir ces changements ?

  • Parfois, la technologie dominante n’est pas nécessairement la meilleure.
  • Aujourd’hui, dans le secteur de l’automobile, on assiste à une véritable révolution, comme c’était le cas dans les années 1900.
  • Tesla a-t-elle une culture «industrie automobile» ?
  • La technologie numérique continue de stimuler le changement et l’innovation dans cette industrie, mais pas aussi fortement dans le transport aérien, où l’on parle à nouveau de supersonique, par exemple.
  • Il faut également tenir compte de la cohabitation entre le transport de marchandises et le transport de passagers, dans le transport aérien, le transport routier et même le transport ferroviaire.

(27:36) Où trouver la croissance dans ces secteurs ?

Dans un secteur où la consolidation est désormais achevée (Bombardier, en partie sous la pression de Boeing par le biais de tarifs, en partie de son propre fait, a vendu sa C Series à Airbus pour 1€), comment continuer à innover et à trouver de nouvelles voies de croissance ?

  • Regardez les marchés !
  • Si vous cherchez la croissance, regardez l’Afrique, les marchés mal desservis.
  • Il y a 30 ans, le marché chinois n’était pas forcément attractif.
  • Mais quel type d’avion pour desservir ce marché ?
  • Et quelles sont les pressions environnementales qui pèsent sur ces entreprises ?
  • Mais il y a beaucoup de niches où l’on peut gagner de l’argent ; il n’y a pas de pénurie de capitaux pour financer ces initiatives.

(34:36) Conclusion

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