Sommaire de l'épisode
La déviance positive : le secret de l'innovation et de la réussite en gestion de projet?
Nous accueillons Claude Emond, expert en gestion de projet et penseur non conventionnel. Il nous révèle comment la "déviance positive" - l'art de cultiver des différences constructives - peut révolutionner votre approche du management et de l'innovation.
Découvrez comment :
- Les meilleurs managers de projet ne se contentent pas de livrer à temps et dans le budget, ils créent de la valeur stratégique.
- L'agilité n'est pas une question de vitesse, mais de direction et d'adaptation constante.
- La neurodiversité et la pensée "hors des sentiers battus" sont des atouts essentiels pour résoudre les problèmes complexes d'aujourd'hui.
Si vous cherchez à repenser votre approche du leadership, de la gestion de projet et de l’innovation, cet épisode est fait pour vous !
Claude Emond
Claude Emond est partenaire-fondateur de Quali-Scope Inc., entreprise canadienne spécialisée en management par projets, en management Lean, ainsi qu'en agilité, transformation et performance organisationnelles.
Il a fait ses études de premier cycle en génie chimique (option nucléaire) au Royal Military College à Kingston en Ontario, études qu'il a complétées par une maîtrise en ingénierie à l'université McGill de Montréal et un MBA à l'Université d'Ottawa. Il est co-auteur de la première norme internationale sur le management des portefeuilles de projets et l'auteur de nombreux articles sur l'agilité, le LEAN, les cultures et les pratiques collaboratives et innovantes.
Fort d'une expérience de plus de 40 ans et expert reconnu internationalement en agilité organisationnelle, il a œuvré comme gestionnaire sur d'importants projets d'infrastructures publiques et donné des conférences et des ateliers sur ces sujets au Canada, aux États-Unis, en Europe, au Maghreb et en Asie du Sud-Est.
Il a formé et coaché des milliers de gestionnaires et spécialistes travaillant autant dans des entreprises publiques que privées. Il fait également partie de l'équipe de formateurs de l'Institut de développement de produits et de l'Institut de leadership.
À retenir
- La meilleure gestion de projet est celle qui comprend que le projet est un moyen et non une finalité.
- L'agilité est essentielle dans la gestion de projet pour s'ajuster à un environnement en constante évolution.
- Les transformations sont devenues continues et se font à travers des initiatives et des boucles.
- La déviance positive permet de questionner l'ordre établi et de cultiver une différence constructive.
- L'agilité consiste à aller vite dans une direction qui change constamment.
- La méthode de la déviance positive encourage la définition collective des problèmes.
- La culture collaborative favorise l'intelligence collective et l'agilité.
- La co-création permet de mobiliser l'intelligence localisée.
- La neurodiversité est une forme de diversité importante pour la créativité et l'innovation.
- La gestion de projet nécessite des compétences en sociologie plutôt qu'en technique.
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Détails de l'épisode
(0:00) Bienvenue à l’épisode 182
(01:13) Introduction
- Claude Emond
- Partenaire-fondateur de Quali-Scope Inc.
- Expert reconnu internationalement en innovation et en agilité organisationnelle
(02:26) Les bons managers de projet
Qui semble le faire mieux dans ton expérience récente et pourquoi?
- La meilleure gestion de projet est celle qui fonctionne.
- Un projet est un moyen de mettre en place quelque chose.
- Par exemple, on peut voir la construction d’une usine comme un projet et la livrer dans les temps et selon le budget prévu ou alloué, mais une usine qui ne produit rien ne sert à rien.
- Il faut arriver à se concentrer sur la capacité à produire un livrable capable de répondre à une intention.
- Ce sont ceux qui arrivent à cette conclusion qui réussissent le mieux leurs projets.
- Il faut arrêter de voir la gestion de projet comme un ensemble de méthodologies.
(05:36) Agile ou prédictif?
Comme les entreprises sont en changement continu, est-ce que ça veut dire qu’il faille abandonner les projets, qui ont comme caractéristique principale d’avoir un début et une fin?
- Il y a de petits changements et de grands changements : les transformations.
- Les transformations ont la caractéristique d’être continues.
- L’environnement d'aujourd'hui est caractérisé par l’absence de statu quo.
- Les transformations se font par accumulation de plus petits changements, de plus petits projets.
- Selon moi, le cadre de gestion des projets et de l’innovation, c’est la gestion de projets.
- On peut qualifier l’importance des changements en comprenant leur impact sur les gens.
- Quand l’environnement change plus rapidement, il faut multiplier (raccourcir la durée des boucles itératives) les boucles pour rester au contact des évolutions des besoins.
- La gestion de projet, c’est d’arriver à s’assurer que les gens qui vont dans une direction :
- Voient la même chose.
- Comprennent la même chose.
- Veulent la même chose.
- Y vont ensemble.
- L’important est de créer un environnement sociologique qui permet aux participants d’aller dans la même direction.
- Donc un projet est un outil stratégique.
- Agile, Prédictif, c’est finalement une question du nombre de boucles envisagées et il faut surtout respecter les séquences; ces séquences diffèrent selon les secteurs d’activité.
- Règle générale, plus l’incertitude est grande, plus les boucles doivent être courtes et la durée de la boucle équivaut à la durée de ta certitude.
- Cette durée peut aussi varier en fonction du niveau de complexité.
- Mais en général, c’est le contexte (l'environnement de l'organisation) qui va dicter mon approche.
(16:48) La déviance positive
Pourquoi est-ce important de cultiver une différence constructive?
- La déviance se rapporte toujours à la norme, à ce qui est normal.
- L’a priori général est que la déviance est négative et Donald Trump est un bel exemple de déviance négative : il détruit et ne propose rien.
- Le déviant positif pense toujours qu’on pourrait faire mieux.
- Il y a des gens qui sont à l’aise avec le changement et d’autres qui ne le sont pas et on a besoin des deux.
- Ce qui ne change pas dépérit.
- L’agilité parle de vélocité, pas de vitesse, car la vélocité est un vecteur : une grandeur vectorielle (la vélocité) s'oppose à une grandeur scalaire (la vitesse) : la grandeur scalaire a uniquement une valeur mais pas de direction ou de sens.
(20:39) Déviance positive et collaboration
Dans la méthode de la déviance positive, le groupe ou la communauté définit le problème. Est-ce obligatoire?
- Je défends le “change boxing” : tous doivent participer à la définition du problème et à la recherche de solutions.
- L’intelligence collective est une intelligence localisée : tu ne peux pas voir (ou entendre) si tu n’es pas présent.
- Il y a beaucoup de techniques pour faire émerger les problèmes et les solutions : par exemple, poser des questions.
- L’antidote au biais cognitif est l’intelligence collective.
- Il faut reconnaître que je ne sais pas tout et que je dois me fier sur l’intelligence des autres pour agir.
(27:07) Question de diversité
La neurodiversité serait-elle avec l’âge et le sexe le seul critère de diversité qui soit important?
- Il y a aussi la culture, l’expérience, autant émotionnelle que pratique.
- La neurodiversité parle de comment on réfléchit.
- On s’aperçoit qu’il y a de plus en plus d’autistes, mais ce n’est pas une maladie, plutôt une caractéristique de l’espèce pour lui permettre de trouver de nouvelles solutions.
(31:28) Un conseil aux jeunes
Quels conseils à un jeune cadre qui débute sa carrière et qui s’intéresse au management de projet?
- Toujours chercher à s’améliorer.
- Devenir capable de créer des environnements sociologiques qui permettent à toutes et tous de travailler.
- Gérer une entreprise ou des projets, c’est avant tout d’aider les gens qui travaillent à résoudre leurs problèmes.
(35:20) Conclusion
Ressources
Coordonnées
- Courriel: emond.claude@gmail.com
- LinkedIn: https://www.linkedin.com/in/claudeemond-transformagility/



