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Épisode 66: Échanges croisés sur la transformation numérique avec Matthew Cowen

Sommaire de l’épisode

Il est possible d’aborder la transformation numérique au travers de différentes perspectives. En compagnie de Matthew Cowen, nous en explorons différents aspects par le biais d’une conversation à trois afin d’aller plus à fond. 

Nos perspectives ont-elles des points communs ou voyons-nous les choses très différemment? Que vivons-nous chez nos clients en ce qui a trait au numérique et à l’impact de ces technologies sur leur organisation?

Nous comparons nos visions et expériences.

Épisode 66: Échanges croisés sur la transformation numérique

Matthew Cowen

Matthew Cowen a fondé Digital Futures en Martinique où il est basé depuis plus d’une décennie, pour aider ses clients à décortiquer la transformation numérique.

Dgtlfutures vise à aider les entreprises des Caraïbes à développer et à mettre en œuvre leurs stratégies de transformation numérique.  Il est également l’auteur de la lettre d’information The Future is Digital, une excellente lecture qui parle du numérique avec une perspective d’affaires, de management et de stratégie.

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Détails de l’épisode

(00:00) Bienvenue à l’épisode 66

  • Discussion avec Matthew Cowen, consultant en transformation numérique basé dans la Caraïbe.

(01:28) Introduction

  • Nous avons déjà discuté avec Matthew Cowen par le passé:
    • Dans l’épisode 13, nous avons exploré ce qu’est la révolution numérique, ses liens avec l’innovation, les impacts à attendre de la 5G et de l’informatique quantique.
    • L’épisode 47 nous a permis d’aller plus en  détail sur le web 3.0 et de découvrir les différences entre réalité virtuelle et réalité augmentée.
  • Mise en contexte de la transformation numérique selon Camille Grange de HEC Montréal. 
  • Il y aurait 4 composantes fondamentales à l’infrastructure numérique :
    1. Les réseaux;
    2. Les algorithmes;
    3. Les interfaces;
    4. La puissance de calcul et la capacité de stockage.
  • Ces composantes fondamentales s’allient pour produire six nouvelles capacités :
    1. Des technologies d’automatisation ;
    2. Des technologies de prédiction;
    3. Des technologies de décentralisation;
    4. Des technologies d’intermédiation;
    5. Des technologies d’augmentation;
    6. Des technologies de simplification.

(04:22) Exploration des 4 composantes de l’infrastructure numérique

Ces 4 composantes évoluent-elles au même rythme ?

  • Matthew: Pas vraiment. Les réseaux dépendent beaucoup du matériel, plus que du logiciel, et par le fait même évoluent plus lentement.  
  • Le logiciel est plus facile à faire évoluer facilement et permet des évolutions rapides. Mais parfois il faut renouveler les équipements pour continuer à faire évoluer les logiciels.

Sommes-nous sortis de cette dichotomie Hardware-Software?

  • Matthew: Oui et non! Mais les deux se mélangent et on peut faire évoluer les réseaux grâce au logiciel même si les infrastructures doivent éventuellement évoluer.
  • On arrive maintenant à partager certains équipements 

Est-ce qu’il y en a une de ces composantes qui évolue plus rapidement que les autres?

  • Matthew: Nous ne sommes pas encore rendus à faire des ponts facilement entre ces quatre composantes. Mais il faut aussi ajouter une 5e composante: les données.  
  • Basculer des données d’un système à l’autre reste difficile et ça reste un obstacle à l’utilisation des 4 autres composantes. Exemple: les données météo.

(12:47) Évolution de la transformation numérique depuis les années 2000

Il y a 20 ans, les enjeux du numérique touchaient déjà la transformation des affaires. On parlait de DNA (device, network, applications) comme moyens pour transformer les opérations et les chaînes de valeur. Est-ce différent aujourd’hui? 

  • Matthew: Encore là “oui et non”!  Oui, les choses vont plus vite. Les robots manufacturiers par exemple: la numérisation est devenue relativement facile et permet de vrais gains, mais c’est surtout du remplacement, pas de la transformation.  
  • La transformation numérique implique d’analyser les processus existants pour voir comment le numérique peut ajouter de la valeur.  
  • Et la véritable transformation prend du temps, donc la réponse est non!  
  • Rappelons qu’un des buts de la transformation numérique est de générer et d’utiliser des données, en temps réel si possible. Ensuite, doit-on protéger ces données? Et combien de temps les conserver?

(22:40) Optimiser le présent – Anticiper le futur

Les organisations explorent les options numériques en fonction des priorités actuelles et celles qu’elles anticipent. Comment naviguer avec les options et les incertitudes?

  • Matthew: Difficilement!  
  • En tant qu’être humain, il nous est parfois difficile de traiter les choses immatérielles. Le dirigeant a un chiffre d’affaires à réaliser, et l’impact du numérique reste difficile à cerner clairement, objectivement.  
  • Du coup on procède par “quick wins” par exemple, afin d’aider les décideurs à concrétiser leur vision de l’impact du numérique.  

Des organisations abordent-elles ces questions plus facilement?

  • Matthew:  mon marché (La Caraïbe) est limité en termes de taille d’entreprises, surtout des PME ou des TPE, mais clairement dans le manufacturier c’est plus difficile.  
  • Quand on parle de transformation numérique,on parle encore trop souvent de marketing numérique.  
  • Les entreprises plus jeunes sont plus ouvertes à ces discussions.

(28:01) La place du numérique dans la stratégie

La stratégie c’est faire des choix. Où vois-tu la place du numérique dans l’analyse stratégique: centrale, comme source d’opportunités et de menaces ou périphérique, comme les autres éléments de l’écosystème de l’entreprise? 

  • Eric: La technologie joue un rôle central de catalyseur dans ces questions.  
  • Le numérique reste un moyen. C’est aussi un facteur d’influence de l’environnement externe, certainement sur nos clients et la concurrence, et de nos capacités internes.  
  • Il faut aussi regarder le court terme pour s’améliorer.  
  • Pour le long terme, il faut surtout voir la technologie comme un outil d’expérimentation.
  • Finalement, il y a une question d’oeuf et de poule: le numérique est à la fois un facteur de réalisation de la stratégie et un facteur d’influence de l’élaboration de celle-ci.  
  • Pour les très grandes entreprises, c’est un élément central. Pour les autres ça reste périphérique.  
  • Jean-François: le numérique permet de faire de nouvelles choses et qui génèrent des opportunités ou des contraintes. Ce qui génère parfois des situations exagérées.  

(35:27) La posture face aux clients

Le numérique permet de tisser des liens avec les clients, d’augmenter la compréhension de l’évolution de leurs besoins. Les entreprises sont-elles proactives envers leurs clients ou préfèrent-elles se laisser “tirer” par leurs clients en matière de numérique?

  • Matthew: Les entreprises sont presque toujours réactives.  
  • Il y a un écart entre la maturité numérique entre les consommateurs et les entreprises.  
  • Les grandes villes permettent des choses qui ne sont pas possibles ailleurs, comme des délais de livraison courts ou garantis.  
  • Les organisations doivent absolument prendre en compte les conséquences humaines de leurs initiatives numériques sur leurs collaborateurs autant que sur leurs clients. On commence à comprendre l’impact de nos innovations sur les personnes.  
  • Il n’y a pas encore suffisamment de réflexions sociales et économiques de l’impact du numérique.

(39:31) Les Distributed Autonomous Organizations

Il y a beaucoup de bruit autour des cryptomonnaies et les NFT pour des raisons de valeur monétaire et de spéculation. Mais on parle beaucoup moins des DAOs (Distributed Autonomous Organizations). Est-ce réellement un bénéfice et au-delà des utilisations pour les cryptos (principalement utilisés pour faciliter les transactions et les fraudes) et voyez-vous des utilisations au sein des entreprises?    

  • Jean-François: La grande majorité de nos clients ne sont pas encore arrivés à explorer les bénéfices de la blockchain.  
  • Elles sont encore très préoccupées par l’automatisation ou la facilitation des transactions. On commence cependant à voir des expressions de besoin en matière de formation de consensus ou de gouvernance.  
  • Les grandes organisations restent au contact de ces technologies, mais peu d’investissement généralisé.
  • Il y a encore des questions autour de la création de valeur de ces technologies, mais la question sur l’influence de ces technologies sur les clients de nos clients n’est pas encore très claire. Ça reste l’exception plutôt que la règle.
  • Matthew: Serait-ce une technologie à la recherche d’un problème, alors que c’est l’inverse qui devrait être la norme?
  • Eric: Tout doit partir d’un client! Ensuite on peut essayer de trouver une manière originale de le traiter.
  • Jean-François: On peut aussi parler du cas de Starlink: la Chine voit cet accès à l’internet comme une manière de contourner ses mécanismes de censure.  Mais rares sont les technologies, comme l’iPhone à une certaine époque, qui permettent “massivement” à des utilisateurs de créer de nouveaux besoins.

(49:52) Conclusion

  • Il faut rester curieux de ces questions autour du numérique et comment elles affectent clients, entreprises, collaborateurs, voire société.
  • Les questions techniques sont importantes, mais les questions humaines le sont tout autant ou du moins le deviennent.
  • Ce que nous discutons aujourd’hui ne sera pas la même chose dans 3 ou 5 ans et c’est aussi ce qui est intéressant.

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