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Épisode 54: Innovation collective et projets participatifs avec Valérie Lehmann

Sommaire de l’épisode

Nous vous offrons une superbe discussion sur l’innovation collective et les projets participatifs avec Valérie Lehmann. 

Cet épisode permet de mieux comprendre le management de projet et la question de participation et d’implication des parties prenantes dans un monde VUCA qui teste nos capacités d’adaptation individuelles et collectives.

Épisode 54: Innovation collective et projets participatifs avec Valérie Lehmann

Valérie Lehmann fait des recherches dans le domaine des projets participatifs et de l’innovation depuis une dizaine d’années. 

Valérie est professeure à l’École des Sciences de la Gestion de L’Université du Québec à Montréal au département Management. Elle y enseigne plusieurs cours de 2e cycle en Gestion de projets. 

Elle est également intervenante à l’ESSEC Paris depuis 2005 et à Sciences Po Lyon depuis 2017. Elle est certifiée en Participation Publique IAP2 depuis 2020 et membre active de la Chaire Gestion de Projets UQAM depuis 2007, de la Chaire ESSEC du Changement depuis 2016 et du Think Tank Prospective de la Fabrique du Futur depuis 2019, entre autres.

Ses mandats en entreprises et dans les collectivités, ses activités de formation, ses recherches et ses publications portent sur le management des projets collaboratifs, l’accompagnement des changements, les démarches participatives pour l’innovation et les dispositifs d’innovation ouverte, dont les Living Labs.

Valérie Lehmann est l’auteure de plusieurs dizaines d’articles scientifiques et de chapitres de livres depuis 2010. Elle a codirigé une dizaine d’ouvrages, dont Changement et grands projets (2015), Démocratie participative (2019) et Changement de crise, les organisations à l’épreuve du Covid (2020), L’innovation collective (2020) et en 2022 pour des parties prenantes engagées dans les projets.

Ses récentes activités de coach et de conseil ont trait essentiellement au Living Labs et à l’accompagnement du changement. Elle travaille également à plusieurs projets concernant l’adaptation aux défis climatiques.

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Détails de l’épisode

(00:00) Bienvenue à l’épisode 54

  • Entretien avec Valérie Lehmann.
  • Professeure à l’École des Sciences de la Gestion de L’université du Québec à Montréal dans le département Management.

(02:14) L’évolution du management de projet

  • Valérie, il s’est passé beaucoup de choses dans le domaine du management de projet ces dernières années, et pas uniquement à cause de la pandémie de Covid-19. Qu’est-ce qui attire ton attention?
  • Le domaine du management de projet est vaste et évolue.
  • La rentabilité n’est pas uniquement monétaire, mais touche aussi l’usage.
  • Les bénéfices doivent aujourd’hui être partagés parmi un nombre croissant de parties prenantes aux projets. On parle donc de projets de plus en plus inclusifs.

(04:16) Impacts de l’incertitude 

  • Selon toi, la pandémie a-t-elle accéléré certains changements plus que d’autres?
  • Ce qui a changé, c’est surtout la question de l’incertitude.
  • Dans les années ’70 et ‘80, c’était surtout un travail au niveau des « standards » et souvent sans support informatique, ce qu’on a tendance à oublier de nos jours.
  • Les « standards » de cette époque ne sont pas très bien adaptés à ce niveau d’incertitude. Il faut trouver des approches qui permettent de composer avec un degré d’incertitude beaucoup plus élevé qu’il y a 40 ou 50 ans par exemple.

(06:08) La gestion des parties prenantes

  • Tu as beaucoup écrit sur les questions d’engagement et de management des parties prenantes. De quoi parle-t-on quand on fait référence aux parties prenantes? Comment les catégorises-tu?
  • L’origine des parties prenantes vient du domaine de la stratégie d’organisation. Focus sur les actionnaires dans la première moitié du XXe siècle.  
  • En management de projet, on retrouvait à cette époque les financeurs et les clients. On l’a ensuite étendu aux fournisseurs, aux sous-traitants, aux lobbyistes.
  • On voit désormais arriver un autre type de partie prenante: les citoyens et les activistes, des lanceurs d’alerte pour ne citer que ceux qui prennent plus de place depuis l’arrivée des médias sociaux. Il en résulte une multiplicité de parties prenantes.
  • On doit donc apprendre à gérer les parties prenantes, voire à les intégrer dans les projets et tirer parti de leur apport.

(10:04) Catégoriser les parties prenantes

  • J’ai surtout tendance à analyser mes parties prenantes en matière d’intérêt envers le projet et de pouvoir sur le projet?  Vois-tu d’autres éléments pour compléter ces analyses?
  • On peut parler de « willingness », de synergie ou d’antagonisme par exemple pour identifier nos soutiens ou nos opposants.
  • On peut les catégoriser à partir de leurs mouvements passés: se sont-elles déjà mobilisées, se sont-elles déjà organisées, structurées dans le passé? On va aussi s’interroger sur leur niveau de connaissances sur un projet: savent-elles de quoi elles parlent quand elles manifestent, quand elles prennent la parole?

(11:59) Participation collective

  • Mais quand on parle de participation publique ou citoyenne ou collective, de quoi parle-t-on au juste?
  • Il y a de plus en plus de lois qui nous obligent et ce depuis une dizaine d’années. Ces lois se multiplient et forcent les promoteurs à s’organiser, à discuter, à devenir plus acceptables.
  • Ce sont souvent les principes d’acceptabilité sociale qui nous guident: il faut prendre le pouls des populations pour mesurer cette acceptabilité sociale. Parfois, les résultats sont surprenants.
  • Participer est un mot-valise. L’association internationale de participation publique réfléchit à des modalités de participation ou de consultation, tant pour le public que pour les membres d’une association ou les employés d’une entreprise.

(17:22) Innovation collective

  • Je sais que ces dernières années tes activités de recherches se concentrent sur l’innovation collective. Peux-tu présenter le concept ?
  • Je travaille beaucoup sur l’innovation collective, un phénomène dont on parlait peu il y a une dizaine d’années.
  • En 2003, Chesbrough a publié un livre intitulé « Open Innovation » qui remet en cause l’innovation trop centrée sur l’organisation. Il faut aller chercher le savoir-faire dans les autres organisations.  
  • Aux USA par exemple, il devient possible de financer la recherche à l’aide d’entités ou d’individus qui peuvent nourrir l’organisation. En R&D, en stratégie, en supply chain, etc.
  • Elles donnent naissance des pratiques plus inclusives.

(20:23) Les Living Labs

  • Parles-nous maintenant des Living Labs.  Qu’est-ce que c’est qu’un Living Lab? En quoi est-ce que ça diffère d’un Fab Lab par exemple?
  • Innovation collective, qui cherche à faire travailler ensemble des « savants » et des « profanes », et Living Labs sont des cousins, voire des frères et sœurs.
  • L’idée est de mettre des experts, les spécialistes, les commanditaires, les clients et maintenant le citoyen.
  • Les citoyens sont des experts en matière d’usages. Ce qui nous amène à parler d’innovation par les usages.
  • Donc au lieu de travailler pour les usagers, on travaille avec les usagers. Voire même à leur laisser prendre certaines décisions.
  • Un Fab Lab, c’est surtout un lieu où se déroulent des activités collectives de fabrication.  Le Living Lab, c’est un processus de développement de projet qui repose sur un certain nombre de principes: réalisme, parties prenantes, pragmatisme, l’innovation ouverte, qui permet de travailler en plusieurs cycles avec les usagers pour arriver à un projet qui sera mis sur le marché. Ces usagers font aussi partie de la gouvernance du projet.
  • C’est un concept récent qui date de 2010 et qui se généralise dans les organisations disons depuis 2015.

(26:00) L’évolution des parties prenantes

  • Tu parlais de 4 ou 5 Hélices tout à l’heure. Qu’est-ce que c’est?
  • Dans les années 2000 on a parlé de partenariats public-privé. Dans ces projets, il y a les pouvoirs publics, qui sont les bailleurs de fonds la plupart du temps, les scientifiques et les entreprises privées. Ce sont les 3 hélices.  
  • La 4e hélice arrive an 2014 et ce sont les citoyens, les riverains, les usagers.  
  • Finalement en 2017 arrive le développement durable, le risque climatique, les enjeux environnementaux, etc. qui sont représentés par des citoyens ou des pouvoirs publics.

(28:05) Recommandation

  • Finalement, un dernier message ou conseil pour ceux qui nous écoutent, qu’ils soient dirigeants, collaborateurs, nouveaux managers, étudiants ou simplement curieux.
  • Si vous essayez de conjuguer l’innovation collective avec ce vous faites, vous allez vous apercevoir que vous en faites déjà à des degrés divers. C’est une tendance lourde et je vous incite à être curieux, à mesurer jusqu’à quel point vos organisations sont déjà adeptes de ces méthodes.
  • Ça va vite: très vite! Il faut rester curieux, mais aussi attentif, voire vigilant, quant à d’éventuelles obligations à travailler en innovation collective.
  • Et les gens veulent !

(31:09) Conclusion

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