Logo Innovation, Agilité et Excellence - Podcast 2025

Épisode 180: Questionner l’ordre établi avec Laurence Bali

Sommaire de l'épisode

Laurence Bali nous interpelle sur l’importance de questionner l’ordre établi pour aller au-delà du statu quo dans les organisations. L’ordre établi fige la pensée et assigne à une place, sans poser de questions et sans être questionnable. 

Afin d’innover ou piloter des changements stratégiques, vous trouverez dans cet épisode des “mots pour le dire”, des explications claires et pertinentes sur les sources de maintes résistances au changement.

Disponible aussi sur:

Laurence Bali 

Depuis 17 ans, Laurence Bali aide des dirigeants et leurs équipes à débusquer leurs angles morts pour avancer vers plus d’engagement et de performance. Passionnée par le fonctionnement des systèmes humains, elle a un parcours d’accompagnement des transformations, appuyé notamment sur des fonctions de DRH, de conseil en organisation et de coaching. 

Passionnée par le fonctionnement des systèmes humains, elle est animée par un profond désir de progrès et souhaite contribuer à un monde plus juste et plus conscient.

À retenir

  • L'ordre établi est une distribution figée des places, des rôles et des pouvoirs qui ne peut pas être remise en question.
  • L'ordre établi peut être présent dans différents domaines tels que les collectivités territoriales, les entreprises et la société en général.
  • L'ordre établi peut devenir un problème lorsqu'il empêche l'innovation et crée des injustices.
  • Les personnes continuent à se soumettre à l'ordre établi en raison du besoin d'appartenance, de sécurité, de l'obéissance et de la compétition entre les individus.
  • Les nouveaux entrants dans une organisation peuvent remettre en question l'ordre établi et favoriser l'adaptation et le changement. Les ressources humaines ont un rôle important dans le pilotage de l'ordre établi.

Détails de l'épisode

(00:00) Bienvenue à l’épisode 180

(01:40) Introduction

  • Laurence Bali
  • Productrice et animatrice du podcast “Jusqu’à nouvel ordre!” (https://www.podcastics.com/podcast/5506/link/)
  • ​​Coach professionnelle, conférencière qui aide les individus et les organisations à débusquer leurs angles morts pour se déployer davantage.

(02:25) L’ordre établi

Laurence, tu fais des podcasts pour explorer notre rapport au monde et pour clarifier notre rapport à l’ordre établi.  Comment définis-tu cette notion d’ordre établi?

  • C’est mon expérience de travail avec les collectivités territoriales qui m’a amené à me questionner sur le pouvoir du Maire versus celui des directeurs généraux.
  • En questionnant cette répartition des pouvoirs, on s’aperçoit que c’est simplement “comme ça”, sans autre réponse.
  • On s’aperçoit aussi que dans toutes les organisations, il y a un ordre établi qui est difficile à remettre en question.
  • Par exemple, jusqu’à tout récemment on a trouvé normal qu’à travail équivalent, les femmes soient moins payées que les hommes.
  • L’ordre établi est donc un principe, explicite ou implicite qui assigne les acteurs à une place et qui ne se questionne pas. 

(06:53) Quand l’ordre établi devient un obstacle

En quoi l’ordre établi serait-il ou deviendrait-il un problème ?  Peux-tu nous donner des exemples?

  • L’ordre est nécessaire pour organiser un collectif, il ne s'agit pas de le remettre en cause de manière intrinsèque.
  • Mais parfois l’ordre établi mène à la pensée unique et parfois même une pensée mythologique.
  • L’ordre établi fige la pensée et assigne à une place, sans poser de questions et sans être questionnable.
  • On voit bien que chaque nouvelle génération qui arrive sur le marché du travail refuse de se conformer à une situation, à subir cette assignation de l’ordre établi existant.

(10:45)  Quand le remettre en cause

Si je comprends bien, lorsque l’ordre établi arrive à s’imposer sans partage, il n’y a plus d’innovation? 

  • C’est surtout lorsque l’ordre établi s’impose sans questionnement ou sans partage, ce qui est à l’opposé de l’innovation.

(12:15) Les risques de questionner l’ordre établi

Lorsque l'ordre établi finit par être injuste au sein des entreprises, pourquoi les personnes acceptent-elles de s'y soumettre? 

  • Je commence à avoir des éléments de réponse mais parfois c’est même encore pire: certains qui en subissent les injustices finissent par en devenir les plus ardents supporters.
    • Le besoin d’appartenance qui reste un besoin fondamental de l’humain: questionner l’ordre établi risque de nous exclure et donc nous penchons vers l’appartenance plutôt que sur la rectification des injustices.
    • Le besoin de sécurité qui peut prendre aussi le pas sur l’importance apportée à la rectification des injustices causées par l’ordre établi.
    • Notre rapport à l'obéissance, qui débute à l’enfance.
    • La compétition interne: questionner l’ordre établi peut nous amener à ne pas être promu.

(17:53) Le rôle des nouveaux arrivants dans l’organisation

Ces questions de remise en cause de l’ordre établi, ne serait-ce pas aussi le rôle des nouveaux entrants sur un marché?  Libre ensuite à l’entreprise et à ceux qui la constituent de s’adapter? 

  • C’est surtout une question de vision de la vie et de l’organisation.
  • C’est plus facile en arrivant de questionner les évidences: c’est le “rapport d’étonnement” qu’on demande aux nouveaux arrivants.
  • Après quelques semaines, on demande (souvent piloté par les RH) à une nouvelle recrue de lister ce qu’il ou elle a repéré de bizarre dans l’organisation.
  • Ces rapports d’étonnement ne changent pas souvent le fonctionnement de l’organisation mais peuvent servir de base de réflexion.

(21:46) La hiérarchie sociale des métiers

Au Québec, la hiérarchie sociale est dominée par les professions de médecin, d’avocat et d’entrepreneur ou de dirigeant d’entreprise.  En France, c’est très différent.  Quelle est ta perception?

  • C’est assez variable mais le niveau de diplôme reste très important en France.
  • Nous sommes beaucoup moins sensibles à la “success story” au sens américain du terme.
  • Je confirme que le dirigeant d’entreprise n’est pas un métier très valorisé en France.

(24:26) Philosophie et management

Quels liens fais-tu entre philosophie et management?  

  • La philosophie apporte une démarche de questionnement et un élément de doute.
  • C’est ce doute, cette perception des angles morts dans notre perception des choses que je trouve intéressante.
  • D’où cet intérêt de questionner les évidences: les évidences comme celle de l’impossibilité de fonctionner sans esclaves, de l’impossibilité de remettre en cause la séparation entre ceux qui pensent et ceux qui exécutent.
  • Management implique organisation et performance mais aussi d’élaborer une pensée autour des rôles, de la place des uns et des autres au sein de l’organisation et sur l’importance de l'obéissance.
  • J’ai fait un podcast sur les vertus de la désobéissance managériale car l’obéissance aveugle peut mener à des conséquences négatives pour soi et pour la société.
  • Un management paternaliste ne ressemble pas à un management issu de l’entreprise libérée.
  • Donc la philosophie a toute sa place dans les sciences de la gestion et peut nous aider à une pensée centrée sur les recettes.

(30:33) Pourquoi faire un podcast

D’où t’es venu cette idée de podcast?  

  • L’ordre établi est un sujet très vaste qui touche toutes les formes de structure sociale et  sur lequel il y a peu d’informations.
  • C’est un podcast qui s’intéresse au monde du travail, à la société, à l’école par exemple.
  • J’ai voulu aller questionner différents métiers: historiens, psychologues, sociologues, philosophes et ceux et celles qui font bouger les lignes pour donner de la visibilité au sujet.
  • Le podcast nourrit mes réflexions autour du sujet.
  • Finalement, pour aider les uns et les autres à gagner en liberté intérieure.

(33:19) Un conseil pour les jeunes qui débutent

Tu fais une très belle carrière, quels conseils donnerais-tu à un jeune qui débute en organisation aujourd’hui?  

  • Se questionner sur ce qu’est une belle carrière.
  • De ne jamais se laisser enfermer dans des schémas: méfiez-vous des évidences.
  • Méfiez-vous du benchmarking car le modèle dominant n’est pas nécessairement le meilleur modèle.

(36:22) Conclusion

Ressources

Coordonnées

Référence

Podcast